International
Le Dojo
Le Dojo est littéralement "le lieu où l'on étudie la voie". Le terme n'est pas synonyme de notre gymnase occidental : il englobe à la fois le cadre du travail et l'esprit dans lequel il s'effectue.
Choisir un Dojo, un professeur, un maître (senseï en japonais) :évaluer la cohérence technique proposée, et éviter le mercantilisme et le mystisisme qui sont le fond de commerce de ce que l'on appelle couramment les "gourous". Le jugement est une des qualités premières du pratiquant d'art martial.

"Montei, Monka, Monjin" désigne "celui qui a franchi la porte et qui reçoit l'enseignement dans la maison du Maître". Cela signifie que le professeur, comme dans tout art traditionnel, est libre d'accepter ou non d'enseigner à tel ou tel individu.
Sachant cela, l'étudiant doit savoir qu'il n'a pas que des droits, mais aussi des devoirs à respecter au sein du dojo. L'aikido se sert pas à satisfaire l'ego des consommateurs d'arts martiaux ou de pratique sportive. Les coûts de l'inscriptions de lui donnent pas autorité sur le professeur et le droit de recevoir son enseignement. L'inscription à un dojo d'aikido fait de la personne plus qu'un simple consommateur, mais exige de lui qu'il prenne une part active à la vie et à la promotion du dojo. Un dojo ne peut pas prospérer sans effort de ses membres pour en faire un endroit vivant et dynamique, ouvert sur la communauté et qui a constamment besoin de nouveaux membres afin d'éviter le pire: un dojo composé toujours des mêmes personnes, synonyme de sclérose et de mort. Tous les participants à la vie du dojo ont donc la charge d'en faire la promotion publicitaire.

 

 

Le dojo a ses règles et ses symboles : le cours débute par un salut en direction du Kamiza, la place d'honneur, où figure la photographie du fondateur, puis on salut le professeur du dojo, qui va transmettre à son tour, donc montrer la voie (do).
A partir de ce moment, l'élève laisse ses soucis au vestiaire, coupe avec l'extérieur.

 


Une scéance d'entraînement
La pédagogie est en adhéquation avec l'esprit oriental : l'enseignement va du global au particulier, c'est à dire des principes qui sont applicables en toutes circonstances vers leurs émanations qui sont les techniques.

Une scéance comprend trois phases :

  • - Une phase de préparation.
    Cette phase est dite préparation et non échauffement. Son rôle est de préparer le corps à une activité musculaire mais aussi et surtout de se préparer psychologiquement à une discipline aux caractéristiques martiales. Respiration et étirements (Tai chi)
  • Une phase de travail des techniques.
    Rappelons qu'il n'y a pas de cours réservés aux débutants. Chacun pourra adapter les exercices en fonction de sa condition physique.
    Le professeur dispose de nombreux "outils" pédagogiques : travail debout (Tachi waza), un debout, l'autre à genoux (Hanmi Handachi) ou les partenaires à genoux (Suwari Waza) - travail avec plusieurs adversaires (Futari Gake) - travail des armes (Kumi Jo, Kumi Tachi, ...).

    D'autre part, et bien souvent ignoré, les techniques peuvent être abordées suivant trois niveaux de travail :
    GO NO KEIKO (GO TAI) :
    Application d'une technique à partir d'une position arrêtée, statique. L'adversaire nous met dans une situation difficile et nous cherchons la solution pour nous en sortir.
    JU NO KEIKO (JU TAI):
    Prévoir comment l'adversaire va attaquer, travail dynamique, on synchronise son travail à la vitesse et à la force de l'attaque. L'initiative de l'attaque (même devinée) reste à l'adversaire.
    RYU NO KEIKO ( RYU TAI) :
    On impose son travail, on oblige aïté à attaquer comme on le souhaite et lorsque on le souhaite. L'adversaire n'a plus aucune initiative, avant qu'il ait pensé à attaquer il est déjà contrôlé.
    C'est ce niveau de travail qui est présupposé dans la célèbre phrase d'O'Sensei:
    " Avant même que l'adversaire ait attaqué, il est déjà controlé"


  • Une phase retour au calme : massages, étirements (shiatsu, sefuku)
La pratique martiale est un moyen de préserver sa santé. Son étude invite à s'intéresser à des pratiques orientales traditionnellement associées aux arts martiaux : Kwatsu (ramener à la vie), Seifuku (manipulations, kinésithérapie), Shiatsu (massage japonais), techniques respiratoires, acuponcture, etc.

L'objectif du professeur est de guider l'élève vers l'autonomie, lui donner les éléments pour produire son propre aïkido en fonction de son physique, son âge, sa recherche.

"L'entraînement doit toujours se dérouler dans une atmosphère agréable et conviviale."
(Un des six préceptes pour la pratique de l'aïkido. Maître UESHIBA en 1935)
Un art martial pour tous.
La notion de force ne s'exprime pas en aïkido par des exploits physiques mais par une utilisation optimale des qualités énergétiques disponibles : il n'y a pas obstacle à la pratique quelque soit l'âge sauf contre indication médicale sérieuse.

A l'âge adulte, nous disposons d'un répertoire satisfaisant de gestes efficaces et d'habitudes corporelles. La difficulté principale va être de désapprendre plus que d'apprendre.

S'il n'y a pas de limite d'âge supérieure,
la limite inférieure généralement admise est de 7 ans
.

Pour une majorité d'aïkidokas les principes de l'aïkido trouvent écho dans leur vie quotidienne et professionnelle : meilleure gestion de situations conflictuelles, aisance relationnelle, confiance en soi, concentration . D'autres trouveront dans la pratique un exutoire aux stress quotidiens.

Les fréquents changements de niveau, debout-sol, vont renforcer la ceinture pelvienne et les membres inférieurs.
Les différents mouvements mettent souvent en jeu les articulations : progressivement l'aïkidoka augmente ses amplitudes articulaires, en particulier au niveau des épaules, des poignets et des chevilles.

Dans tous les cas, que la technique soit subie ou effectuée, l'objectif sera de mettre tous les segments du corps dans le même sens ( dos droit,...) ce qui aura des prolongements positifs dans la vie quotidienne : correction de mauvaises postures souvent à l'origine de mal de dos.

La diversité des situations proposées, la réalisation des mouvements tant à droite qu'à gauche, vont favoriser la coordination, la perception du corps dans l'espace, et vont principalement chez l'enfant stimuler le développement psychomoteur.