Concept I.S.T.A.
Que signifie I.S.T.A.?

Littéralement: International School of Traditional Aïkido
En Francais: École Internationale d'Aikido Traditionel

Bref, I.S.T.A. se veut une école dont le fonctionnement est demeuré fidèle à ce que doit être le fonctionnement de l'aikido.

I.S.T.A est un modèle d'organisation qui évite les dérives sportives, commerciales et administratives qui sous-tendent de nombreux groupements d'aikido

I.S.T.A. est le lieu pour les dojos indépendants de se réunir au sein d'un groupe international, lui procurant ainsi une visibilité et des ressources autrement difficilement accessibles.

Bref un véritable travail en commun.

Le concept traditionnel : un maître - un dojo

L'aikido, art traditionnel, s'inscrit dans ce cadre, le professeur est le maître :
- de sa discipline
L'aïkido est un art, et comme tel, il est approprié par le maître qui pratique et enseigne son aïkido.
- de sa pratique
Chaque enseignant adapte sa pratique à son âge, son expérience, son physique, sa recherche. La technique est un outil, un langage, un moyen et non une finalité.
- de son enseignement
Il enseigne son art à des apprentis mis à l'épreuve (uchi deshi), selon des principes personnels dont il est seul responsable. L'élève est chez le maître, celui ci peut à tout moment ne plus l'accepter comme élève.
Il évalue son propre travail, la délivrance de grades relève de sa responsabilité (qui d'autre pourrait le faire ?)
Sa qualité et la qualité de ses élèves, sont les seuls témoins de sa compétence.
ll importe que l'on choisisse son professeur avec soin, l'esprit traditionnel n'étant pas, à lui seul, systématiquement gage de qualité.
Ce système n'est certes pas parfait, le yin ne pouvant exister sans le yang, mais il demeure selon nous le modèle le plus intelligent et mieux adapté à l'aikido.

De ce modèle, joint avec une conception juste des principes et bases de l'aikido, découle logiquement un certain type de pratique, qui met l'accent sur l'essentiel plutôt que sur l'accessoire et proscrit le contradictoire.

Déjà le choix d'un dojo et d'un professeur est primordial. L'étudiant doit choisir l'enseignement qui sera conforme à sa nature, à ce qu'il veut apprendre. La nature des êtres étant diverse, il doit y correspondre divers types d'enseignements.
ISTA propose un enseignement fondé sur la cohérence. C'est encore là un choix. La cohérence n'est pas un principe obligatoire pour la pratique de l'aikido.
Ceci dit la cohérence de l'enseignement doit d'abord pouvoir se refleter dans le langage employé. Le choix des mots a une signification. Dire que l'aikido est un art martial présuppose déjà certains principes.
D'abord, c'est un art. Ce n'est ni une science ni un sport. En ce sens il n'existe aucun moyen de mesurer la performance d'un pratiquant ni de formule universelle permettant de reproduire les diverses techniques. Ainsi de proposer des modèles techniques et de vouloir mesurer ensuite la qualité de pratiquants par rapport à ces schémas revient à faire de l'aikido une science ou un sport mais non un art.
Ceci dit que ce soit un art ne permet pas de faire n'importe quoi. L'aikido est un art martial, ce qui implique des principes d'attaque et de défense potentiellement dangereux, voire même mortels. C'est la signification de la martialité. À tout moment l'aikidoka peut redonner à ses techniques son efficacité martiale.
Or être martialement efficace exige certaines règles. Taper sur les muscles ou brutaliser des articulations relève plutot des sports de combat, et non d'un art martial.
Il faut aussi être conscient de la nature de notre discipline. On ne pratique donc pas la martialité de la même manière que d'autres arts martiaux. Nous devons êtres martiaux à la manière de l'aikido, c'est à dire en allant dans le sens de la force sans s'y opposer.
Les éléments essentiels à mettre en place pour y parvenir sont décrit dans la rubrique
Principes de ce site web.
S'est la signification de "aiki" en aikido.
Reste à définir la signification du "Do".
Le "do" s'oppose aux "jitsu" dont le but est de mettre hors-jeu l'adversaire. Les jutsu sont martialement efficaces, cependant nombre d'entre eux sont des disciplines qui ne peuvent êtres pratiquées longtemps, soit à cause du risque de blessures ou alors par simple perte de condition physique nécessaire du à la vieillesse.
De plus les jutsu ne s'occupent que de l'aspect matial de la discipline, contrairement aux "Do" pour qui l'art de combat ne représente qu'un aspect de la discipline. La valeur du "do" de l'aikido réside dans la possibilité d'étendre les bienfaits de la discipline dans tous les aspects de la vie. L'énergie n'est pas seulement physique, elle existe aussi sous une forme moins manifeste dans les émotions, l'intellect dans l'univers dans son ensemble. Le but de l'aikido, si on est cohérent, sera d'offrir au pratiquant les moyens d'y percevoir toutes ces interrelations et d'y correspondre le mieux possible, de manière aikido.
Voici, en résumé, les principes de l'enseignement que l'on met en pratique chez ISTA.
Par la suite quelques exemples:

Par exemple:
  • Les bases de l'aikido ne correspondent pas à l'apprentissage de"déplacements".

    Maitre Ueshiba disait: "Dire je vais travailler ikkyo ou shi ho nage dénonce une rupture avec le véritable sens de la pratique de l’aïkido ou la technique doit naître du Ma ai au moment de l’attaque et engendrer le déplacement adéquat. Dans chaque technique c'est toute la discipline que l'on met en pratique."
    Très souvent les cours pour débutants se réduisent à enseigner quelques déplacements "à vide", sans partenaire, ou encore à "apprendre à chuter". Mais c'est une mauvaise manière d'enseigner. C'est mettre l'accent sur le particulier plutot que le global. Exactement ce que dénoncait O'sensei ci-haut. Détachés de la technique, ces mouvement ne correspondent à rien. Il importe donc de faire exécuter les techniques de manière globale, et surtout aux débutants.
 
  • Nous pensons que l'évaluation technique lors des fameux "passages de grades" est incohérente, car c'est évaluer l'accessoire. Ce ne sont pas les mêmes motivations qui poussent un consommateur à demander un grade pour satisfaire son ego et un apprenti à réfléchir sur sa place, sa fonction dans l'entreprise artisanale, la maison du maître. La véritable évaluation dépend de la fréquentation constante avec l'élève et de la manifestation de son engagement profond pour la promotion de l'aikido, et non sur un test de 20 minutes à la suite d'un stage, par exemple. L'élève est évalué constamment par le professeur qui remet les grades à sa guise, en fonction des progrès techniques certes, mais surtout de l'implication de l'élève dans la vie du dojo.

    De même est ridicule la classification des grades selon la connaissance technique: "Au 1er kyu vous devez connaitre telle et telle technique" et la liste allant en s'allongeant avec la progression en grade. Ce n'est pas faire de l'aikido un art, mais quelque chose de quantifiable, comme un sport.

    En aikido, comme dans tout art traditionel on utilise le système Menkyo, qui fut remplacé au 20e siècle par le système kyu/dan.
 
  • Éviter ainsi les systèmes administratifs ou l'élève, pour "passer" un certain grade (essentiellement les grades "Dan") doit aller se faire examiner par un jury extérieur. C'est dénaturer la relation maitre-élève. Seule le maitre du dojo est apte à donner les grades à ses élèves. Aller les chercher chez un autre, c'est renier ou rabaisser le rôle du maitre.
    Quant au maitre lui-même, soit il se considère entièrement autonome et il n'y a personne au-dessus de lui, soit il va chercher reconnaissance chez un autre pour continuer son apprentissage. Mais jamais le Maitre du maitre n'a droit de regard sur les apprentis de celui-ci.
    Si l'élève décide un jour de suivre l'enseignement d'un autre maitre, alors il cesse d'être l'élève du premier, il s'ouvre un nouveau dojo et prend des étudiants.
    Ainsi se multiplient les dojos indépendants et ensemble, en tant qu'artisants indépendants, il mettent leurs ressources en commun pour promouvoir l'aikido.
 
  • Éviter, conformément au désir de Me Ueshiba, de mélanger à l’aïkido d’autres disciplines martiales qui ont leur propre histoire, leur cadre particulier et qui n’ont pas besoin qu'on leur transpose un point de vue Aïkido. Il faut donc proscrire de mélager Iaido et Aikido comme cela se fait souvent, car c'est contradictoire et contre-productif. En aikido, on pratique l'Aikiken, puisque le but du travail des armes n'est pas de faire de nous de "petits samourais" ou d'apprendre à se battre avec des armes, mais bien de mettre en évidence les principes de l'aikido. L'aikido a une posture propre qui n'est pas pas celle du Iaido et le corps ne peut rendre naturel deux positions différentes.
    (Éviter par contre de confondre cette critique avec une critique du Iaido en tant que tel ou des autres arts martiaux. Tout art martial a sa valeur, sa culture propre. L'aikido n'est ni meilleur ni pire que les autres, il est simplement différent. À chacun de choisir l'art qui lui convient, mais en évitant tout de même de mélanger.)
 
  • Proscrire, dans la même veine, la pratique sportive, aérobique ou musculaire, tels les "push-ups" dans un cours. Car si toute présentation sur l'aikido met l'accent sur le fait que l'aikido n'exige aucune force physique, pourquoi alors mettre tant d'énergie dans les muscles? Logiquement, si l'aikido ne demande aucune force physique et est dit praticable par des gens de toutes conditions physique, alors du coup on doit supprimer tout aspect "sportif" de la pratique. La mise en forme aérobique et musculaire sont des disciplines précieuses pour la santé, mais doivent néanmoins êtres gardées distinctes de l'aikido.
 
  • Éviter enfin les cours offrent des horaires pour débutants, intermédiaires et avancés. Le semblable, c'est la mort, selon un proverbe oriental. Diviser les cours entre diverses catégories de pratiquants constitue la meilleure manière de ne pas progresser. Seule la différence permet de nous améliorer et quoi de mieux qu'un parfait débutant afin de juger de notre aptitude a transmettre notre pratique ! Or les débutants embêtent, il est plus confortable de pratiquer avec des anciens. Mais c'est s'aveugler. C'est pourquoi il ne doit pas exister de cours pour débutants, mais que des classes mixtes où anciens et débutants interragissent. Le plus expérimenté va, lorsqu'il attaque, guider le néophyte dans la bonne direction et, lorsqu'il effectue la technique contrôler ses gestes afin de préserver l'intégrité physique de son partenaire.

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